Le début du projet impérialiste[modifier | modifier le code]
Après la découverte et exploration de l'Amérique aux xve et xvie siècles par Christophe Colomb (1451-1506), qui coïncide avec la chute du royaume maure de Grenade en 1492, dernier bastion musulman d'Espagne, après la capitulation du sultannasride Boabdil le 2 janvier 1492, après la reconquista mettant fin à huit siècles de présence musulmane, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ire de Castille unifient le royaume d'Espagne.
Le 5 décembre 1496, roi Manuel Ier de Portugal applique l'inquisition portugaise ordonnant aux juifs et aux musulmans de quitter le Portugal. Une nouvelles classes sociales voient le jour : les conquistadors remplaçant la classe féodale, le but affiché de cette classe s'inscrit dans deux cadres :
- missions d'expéditions et de conquêtes1 à travers le monde et éventuellement la colonisation et appropriation des richesses des peuples de tous les continents ;
- missions d'évangélisations des populations dites païennes, sous le regard « bienveillant » du pape.
Le Maroc subit d'abord les assauts des Portugais, qui sont définitivement défaits à la Bataille des Trois Rois en 1578, et résiste également aux tentatives de conquête des Ottomans qui dominent le reste du Maghreb et la majeure partie du monde arabe. Les Saadiens puis les Alaouites créent un État puissant, l'Empire chérifien, qui entre cependant en phase de déclin à partir de la fin du xviiie siècle.
La volonté de conquête coloniale des pays européens ne cesse de s'accroître à partir des années 1800. Le Maroc fait désormais l'objet de nombreuses convoitises pour sa position stratégique et les richesses de son sol. Les rivalités entrent puissances frôlent parfois l'affrontement, particulièrement les contentieux opposant l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Entre 1828 et 1830, une crise grave éclate à propos de la persistance de la course maritime entre le Maroc d’une part, l’Angleterre et l’Autriche d’autre part. Les puissances européennes ne sont plus disposées à supporter l’insécurité engendrée par les corsaires barbaresques de Rabat et de Salé, thèse alimentée par une large information diffusée par des organismes pro-colonialistes. L'Empire chérifien aux yeux des Européens demeurait une contrée mystérieuse et méconnue, tandis que l'Empire ottoman et la Perse s'ouvraient davantage à leurs influences.
Mais cette période pré-coloniale du Maroc coïncide aussi avec le développement des sciences humaines (sociologie, anthropologie, ethnologie, …), les missions d'explorations et des missions de reconnaissance (Charles de Foucauld,avec l'aide du rabbin-explorateur Mardochée Aby Serour, qui lui servit de guide au cours de ses déplacements au Maroc. …) s'aventuraient à la recherche de renseignements, qui serviront plus tard comme plate-forme de base facilitant la reconnaissance géographique, ethnologique, anthropologique des tribus, leurs modes de vie et leurs organisation sociales.
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