La littérature maghrébine francophoneest la littérature d'expression françaisenée pendant la colonisation françaisedans les pays du Maghreb au sens strict (Petit Maghreb) : en Algérie dans un premier temps, puis au Maroc et en Tunisie.
Phases
Les fondateurs de cette littérature maghrébine francophone ont conduit une réflexion critique sur leurs sociétés doublées d’une prise de conscience identitaire (Driss Chraïbi, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohammed Dib, Ahmed Sefrioui, Kateb Yacine).
La génération des années soixante-dix, qui s'est penchée sur les mêmes thèmes que son aînée, propose cependant une écriture plus violente. On peut citer pour illustrer cette deuxième vague d’auteurs maghrébins : Rachid Boudejra, Abdelkbir khatibi, Nabil Farés, Mohamed Khaïr-Eddine, Abdelatif Laâbi, Tahar Ben Jelloun, tous nés dans les années trente et quarante.
La troisième génération est plus engagée dans la réalité politique et sociale actuelle. Elle pose un regard lucide sur la complexité des réalités maghrébines dans leurs relations multiformes et mouvementées avec le monde extérieur, y compris avec la France et la langue française. Elle se penche — entre autres — sur la place de l’individu dans la société. Les personnages réclament une autonomie ; le phénomène doit être associé à l’émergence de l’individu d’une société civile. Les écrivains les plus en vue de cette nouvelle génération sont Rachid Mimouni, Abdelwahed Meddeb, Fouad Laroui, Tahar Djaout, Mohamed Moulessehoul, Yasmina Khadra…
La quatrième génération qui vient de voir le jour avec l’avènement du xxie siècle, illustrée entre autres par Le Jour venu de Driss C. Jaydane[1].
Cette littérature, c’est peut-être aussi ces jeunes talents qui éclosent sur la terre d’accueil que ce soit en France ou ailleurs. Ainsi des écrivains d’origine maghrébine, nés ou installés depuis leurs tendre enfance sur le sol français, écrivent leurs parcours en langue française et souligne les rapports à la fois passionnels et ambigus à la terre d’accueil et sa langue.
Si Taos Amrouche, Assia Djebbar et Fatima Mernissi sont les pionnières de la littérature féminine d’expression française au Maghreb, d’autres, encore plus nombreuses, ont écrit les souffrances, les aspirations et les rêves des femmes à travers des personnages — féminins et masculins — tiraillés entre l’émergence de l’individu en tant qu’entité libre de ses choix et le poids d’une société qui a tendance à dissoudre l’individualité, jusqu’à l’effacer, dans le groupe.